
Après une ouverture déjà en nette baisse, les Bourses européennes accentuaient leurs reculs vers 9h30 GMT (5h30 à Montréal), approchant ou dépassant la barre des 4% de pertes. La Bourse de Paris cédait ainsi 4,52%, Francfort 4,14%, Londres 4,19%, Milan 3,47% et Madrid 4,36%.
Publie le 22 septembre 2011
Les inquiétudes sur la croissance américaine et sur la santé des banques européennes ont fait plonger les marchés financiers mondiaux jeudi, déçus du pessimisme de la Banque centrale des États-Unis et de l'incapacité des gouvernements à mettre en oeuvre une politique de relance.
Les Bourses européennes sont en forte baisse, dans le sillage du plongeon en clôture des places asiatiques et de Wall Street la veille, malgré les mesures exceptionnelles annoncées par la Réserve fédérale américaine (Fed) pour stimuler l'investissement.
Vers 8h40 (heure de Montréal), la Bourse de Paris cédait ainsi 5,36%, Francfort 4,41%, Londres 4,60%, Milan 3,98% et Madrid 4,59%.
Les Bourses asiatiques ont également accusé le coup jeudi. Tokyo a perdu 2,07% en clôture, Séoul 2,90% et Shanghai 2,78%. Hong Kong a plongé de 4,85%, à 17 911,95 points, son plus bas depuis juillet 2009, tandis que Sydney a reculé de 2,63% à 3964,90 points, touchant là aussi son plus bas depuis plus de deux ans.
Les places financières attendaient avec fébrilité la réunion des grands argentiers de la planète, organisée dans le cadre de l'assemblée d'automne du Fonds monétaire international (FMI) à Washington.
«Les principaux thèmes dominant les marchés aujourd'hui sont la faiblesse de l'économie américaine et la menace sur le secteur bancaire mondial» notamment français, italien et américain, a résumé Kathleen Brooks, analyste du site Forex.com.
Les valeurs bancaires, notamment françaises, étaient les premières victimes de ce nouvel accès de fièvre, chutant lourdement.
L'euro reculait nettement face au dollar et au yen, tombant à son plus bas niveau depuis dix ans face à la devise nippone.
Les marchés n'ont pas été rassurés par les mesures de la Réserve fédérale des États-Unis et ses commentaires sur l'état de l'économie américaine, évoquant la «faiblesse persistante» du marché de l'emploi et des «risques importants», liés aux «tensions sur les marchés financiers mondiaux».
La Fed «ne dispose pas des instruments permettant de raviver miraculeusement la croissance économique», estime Nigel Gault, du cabinet IHS Global Insight.
Les places financières s'inquiètent également des risques dans la zone euro, où l'activité du secteur privé s'est contractée en septembre pour la première fois depuis plus de deux ans, selon une première estimation de l'indice PMI du cabinet Markit. L'activité ralentit et se rapproche de la stagnation en Allemagne et en France, les deux premières économies de la région, selon la même source.
L'Italie, dont la situation financière inquiète les marchés, a révisé en forte baisse ses prévisions de croissance, ramenées à 0,7% pour 2011, 0,6% en 2012 et 0,9% en 2013. Rome a assuré que le plan d'austérité adopté la semaine dernière restait suffisant pour atteindre l'équilibre budgétaire dès 2013.
Mais sur le marché obligataire, les titres italiens souffraient, avec un écart de taux record face aux titres allemands, valeurs refuges sur lesquels les investisseurs se sont rués. Le rendement du Bund allemand à 10 ans est ainsi tombé à un plus bas jamais observé de 1,665%.
Le débat se poursuit en Europe sur la recapitalisation des banques, au lendemain de l'appel du FMI à utiliser le Fonds européen de stabilité financière (FESF) pour recapitaliser les plus exposées à la crise de la dette. Le FMI estime les pertes potentielles du secteur à 200 milliards d'euros.
Reprenant à son compte les propos de son collègue chargé de la Concurrence, Joaquin Almunia, le commissaire européen aux Services financiers Michel Barnier a estimé que 25 d'entre elles devront être recapitalisées.
En Grèce, la grogne sociale gagnait du terrain avec une grève générale des transports à Athènes face au nouveau train de mesures d'austérité du gouvernement grec pour 2011 et 2012.
Pour répondre au défi qui se pose à eux, la présidente brésilienne Dilma Rousseff a appelé États-Unis et pays de la zone euro à «donner des signes clairs de cohésion politique et de coordination macro-économique», dans une tribune dans le Financial Times.
«Il n'y aura pas de retour à la confiance ou à la croissance sans une plus grande coordination dans le cadre du G20», a-t-elle déclaré.
Le Brésil et ses partenaires du groupe des BRICS (Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) doivent discuter à Washington des moyens pour eux de venir en aide à la zone euro.
Aux prises avec les républicains qu'il tente de convaincre d'adopter son plan pour l'emploi, le président américain Barack Obama a lui-même estimé nécessaire de prendre des mesures «urgentes et coordonnées» pour relancer l'économie mondiale.
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